Grossesse prolongée et terme dépassé, CNGOF décembre 2011

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Grossesse prolongée et terme dépassé, CNGOF décembre 2011

Message par mamancyto » 10 décembre 2011, 22:42

Le Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction (organe du CNGOF) vient de publier 14 articles sur le thème « Grossesse prolongée et terme dépassé » dans son n°40 de décembre 2011. Seuls les résumés de ces articles sont en consultation libre.

http://www.sciencedirect.com/science/jo ... 3682315/40
http://www.cngof.asso.fr/D_TELE/RPC_gr_ ... e_2011.pdf

C’est très instructif, on y apprend plein de choses qu’on aurait bien aimé savoir AVANT d’être déclenchée, et entre autres que :

- L’estimation de la date de début de grossesse (DDG), réalisée lors de la 1ère échographie, est précise à plus ou moins cinq jours dans 95 % des cas.

- On peut considérer, de façon arbitraire, que le dépassement de terme débute à partir de 42+0 SA.
- On peut parler, de façon arbitraire, de grossesse prolongée à partir de 41+0 SA
- La grossesse prolongée (≥ 41+0 SA) concerne près de 15 % des femmes enceintes en France

- La fréquence des décès fœtaux est estimée aux alentours d’un pour 1000 naissances à 40 SA + 0. Elle augmente progressivement à partir de 40+0 SA jusqu’à 43+0 SA où elle atteint deux à trois pour 1000 naissances.
- La mortalité périnatale suit la même évolution : Estimée à deux pour 1000 naissances à 41+0 SA, elle culmine entre quatre et six pour 1000 naissances à 43+0 SA.

- Il semble raisonnable de débuter une surveillance fœtale à 41+0 SA en raison du risque majoré de mortalité périnatale. La fréquence conseillée de cette surveillance se situe entre deux et trois fois par semaine.

- Aucune étude n’a encore démontré le bénéfice du déclenchement systématique en cas de grossesse prolongée :
Les données actuelles de la littérature sont insuffisantes (en qualité [problèmes méthodologiques] et quantité [problème de puissance statistique]) pour démontrer qu’une politique de déclenchement est supérieure, inférieure ou équivalente à une politique expectative pour réduire la morbi-mortalité maternelle et périnatale en cas de grossesse prolongée [...] les données épidémiologiques concernant la mortalité périnatale par âge gestationnel suggèrent qu’à partir de 43+0 SA une politique expectative semble déraisonnable.
- Le CNGOF conseille de proposer un déclenchement (« proposer », pas imposer) entre 41+0 SA et 42+6 SA et insiste sur l’importance du choix de la mère et de l’information qui doit lui être fournie :
L’exact moment du déclenchement dépendra principalement des caractéristiques maternelles de la patiente (NP4), mais aussi de la préférence des patientes et de l’organisation des soins des maternités, après avoir informé les patientes des risques et bénéfices d’une politique de déclenchement et d’une politique expectative (avis d’experts).


Voilà de quoi remettre en question les protocoles de certaines maternités (déclenchement pour tout le monde à 41 SA + 3j, sans aucune information ni demande de consentement).

Il reste à espérer que les chefs de services (ceux qui décident des protocoles) prendront la peine de lire ces recommandations et d’en tenir compte.

S'ils ne le font pas, c’est à nous, parents, d’imposer le respect de nos droits (à recevoir une information claire et loyale, et à prendre les décisions nous concernant).

Ces recommandations ont le mérite de nous donner des arguments irréfutables pour refuser des déclenchements abusifs pour cause de « terme dépassé ».

A imprimer et à sortir de son chapeau en cas de besoin...

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